D'où viennent ces chiffres. L'échelle du taux est celle de Qualitel (moins de 40 % trop sec, 40 à 60 % idéal, 60 à 70 % à surveiller, plus de 70 % excès) ; la fourchette de 40 à 60 % entre 18 et 22 °C est aussi celle de l'ADEME et de l'ANSES. Le point de rosée suit les formules 4.B.1 et 4.B.6 du guide OMM-n° 8 de l'Organisation météorologique mondiale (coefficients 6,112 hPa, 17,62 et 243,12 °C). Le seuil de 75 % à la surface vient des lignes directrices de l'OMS de 2009. L'humidité absolue suit la formule 17 du document Vaisala « Humidity Conversion Formulas ». Le résultat ne vaut que ce que vaut l'hygromètre : un appareil à ±5 % peut décaler le point de rosée d'un à deux degrés. Rien n'est envoyé : tout est calculé dans votre navigateur.
Le taux dit si l'air est en cause. L'échelle affichée est celle de Qualitel, l'association de la qualité du logement : moins de 40 %, l'air est trop sec ; de 40 à 60 %, le taux est idéal ; de 60 à 70 %, il est à surveiller ; au-delà de 70 %, l'excès d'humidité fait courir un risque de condensation et de moisissures. L'ADEME et l'ANSES retiennent la même fourchette de 40 à 60 %, pour une température de 18 à 22 °C.
Le point de rosée dit où l'eau va se déposer. C'est la température sous laquelle une surface se couvre d'eau au contact de votre air. Dans une pièce à 20 °C et 50 %, il est d'environ 9 °C ; à 70 %, il monte vers 14 °C. Une vitre, un angle de mur extérieur ou le coffre d'un volet roulant passent bien plus souvent sous 14 °C que sous 9 °C une nuit d'hiver : c'est tout le mécanisme que détaille notre guide de la condensation.
Le seuil de moisissure arrive avant l'eau visible. Une surface un peu plus chaude que le point de rosée reste sèche à l'œil, mais l'air qui la touche y dépasse 75 % d'humidité. Or l'Organisation mondiale de la santé indique, dans ses lignes directrices de 2009, que les matériaux courants restent à l'abri des moisissures tenus sous 75 à 80 %. D'où la deuxième température de l'outil : celle sous laquelle un mur peut noircir sans jamais ruisseler. Notre page moisissure dit comment traiter une tache, et quand elle dépasse ce qu'on nettoie soi-même.
Deux pièces au même taux ne se mouillent pas de la même façon. Tout dépend de la température de leurs surfaces les plus froides. C'est pourquoi l'outil demande, en option, celle de la vitre ou du mur : un thermomètre infrarouge, ou un thermomètre posé contre la surface au petit matin, suffit. Il ne la devine pas à partir de la température du dehors, car elle dépend du vitrage et de l'isolation.
La température du dehors sert à autre chose : savoir si aérer assèche. Un air froid porte peu d'eau, même saturé. L'OMS donne l'exemple d'un air extérieur à -8 °C et 100 % d'humidité qui, réchauffé à 20 °C, retombe à 15 %. L'outil fait le même calcul avec vos chiffres. Qualitel conseille d'ouvrir cinq à dix minutes, le matin comme le soir.
Au-dessus de 60 % de façon durable, aérez d'abord, pendant et après la douche, la cuisson et le linge qui sèche, comme le recommande l'ADEME. Si le taux ne redescend pas, un déshumidificateur prend le relais ; dans une cave ou une pièce froide, choisissez une technologie qui ne givre pas, comme l'explique notre page sur le déshumidificateur de cave. Pour un placard ou une petite pièce sans prise, un absorbeur d'humidité suffit souvent.
Sous 40 %, n'allumez surtout pas de déshumidificateur, et remontez sa consigne si vous en avez un. Qualitel note qu'un air trop sec peut irriter les muqueuses et assécher la peau.
Dans une pièce d'eau, un pic juste après une douche n'est pas inquiétant, précise Qualitel : c'est un taux durablement au-dessus de 70 % qui doit alerter. Lisez donc l'hygromètre à plusieurs moments de la journée.
Le résultat ne vaut que ce que vaut l'appareil. Un hygromètre annoncé à ±5 % peut afficher 55 % dans une pièce à 60 %, et décaler le point de rosée d'un à deux degrés. Notre comparatif des hygromètres dit lesquels annoncent ±2 ou ±3 %, et comment les étalonner au sel.